dauphins

J’ai foi en un absolu qui balaye tous les scories des grandes litanies médiatiques…

Qu’importe les doutes, qu’importe de chuter, quelque chose est bien là et nous appelle. Ce qui nous appelle n’est même plus de l’ordre des mots et des théories. Les grandes phrases ne font pas les grands penseurs, et les grandes phrases que nous servent le quotidien ne sont que des leurres.

Les géants de l’ombre sont entrain de vaciller. Qu’ils soient économiques ou encore médiatiques, qu’ils brassent le verbe de la discorde ou qu’ils tentent encore d’institutionnaliser la vérité, ils sont porteurs de leurs propre déclin : une intelligence artificielle qui analyse, reproduit, optimise et rentabilise le monde… Une intelligence froide et vindicative, qui saigne et souhaite maitriser au détriment de la vie elle-même…

Mais ces géants sont entrain de disparaitre car ils ne tissent plus aucun lien avec la réalité. La réalité porte en elle-même une intelligence souveraine et créatrice de vie. Ce qui la caractérise c’est qu’elle reste insaisissable et ne peux être institutionnalisée.

 

*

 

De nos jours, loin des institutions de raisons qui l’ont déraciné de lui-même, l’homme est entrain de renaitre de ses cendres afin de réaffirmer son empreinte créatrice.

En ceci il commence à déserter l’enceinte des jeux du grand cirque social ou sévissent les géants artificiels. Combien de temps encore officieront-ils ? Certainement jusqu’à cet instant ou nous porterons définitivement ailleurs notre regard. Car c’est bien là ou nous portons notre attention, que les choses se font ou se défont.

De l’astre solaire aux signes stellaires de nos origines, l’humanité rêve d’un ailleurs qu’il commence à bâtir dans le présent.

Regardons autours de nous ces florilèges d’initiatives qui se lèvent à l’aube d’un nouveau rayonnement solaire. Observons les grands rassemblements d’âme qui brassent les masses sociales… Commémorons la grâce et l’éloquence des grands mouvements de cœur qui embrasent la surface du monde. De « Eloge de La Fausse Note » à « La Sobriété heureuse », c’est tout un nouveau monde qui s’agenouille d’humilité sur le monde des possibles. C’est tout un cortège de fleurs et de sourires que croisent les grandes avenues du monde.

Et tout est là, à portée de main et de rire…

 

*

 

Parfois tremblant de faiblesse, parfois immobile de promesse, mais toujours le regard planté dans les étoiles et les pieds solidement ancrés sur terre, l’homme est entrain de retrouver sa place dans l’Univers.

Et que cela ne se produise pas sans heurt laisse présager de réels et profonds changements, car il n’est pas d’accouchement sans profondes remises en questions…

Alors oui, qu’importe les pleurs et les déchirements. Je ne lis en tout cela que les promesses et les prémisses de notre renaissance.

J’aurai sans doute chuté milles fois, crié au ciel toute mes colères et mes incompréhensions. J’aurai brandi maintes et maintes fois le scalpel du jugement pour justifier mes colères et mes prises de position. J’aurai attendu avec l’impatience puérile d’un enfant-roi ce moment ou enfin les mots coulent sur le papier. J’aurai éprouvé milles fois et bien plus, mes incompétences et mes contradictions.

Un matin enchanté enfante une après-midi désenchantée ou le monde subitement semble nous heurter de toute la misère du monde. Et nous voici comme crucifié sur la croix de la culpabilité, flanqué de colère, faisant l’amère expérience d’un moment ou tout n’est que déchirement.

… Et ce n’est rien de l’écrire lorsque tous les pores de la peau transpirent les hymnes de la séparation.

Cependant, loin de toute indignité, nous faisons ici même l’éloge de notre grandeur. Plongé dans le cœur même de nos déchirements, de nos colères et de nos peurs, nous soulevons le voile de l’illusion…

Tout cela remonte à notre conscience afin que nous puissions justement nous en dégager une bonne foi pour toute ! Ce n’est pas le quotidien qui nous heurte, mais bien ce que nous portons encore de colère en nous-mêmes qui nous livre en pâture au monde.

Mais en tout cela, nos sens commencent à percevoir une lumière nouvelle sur la criée du monde.

Voyez-vous au delà du voile des apparences cette lumière qui transparait derrière les masques de toutes nos croyances ? C’est le chant des étoiles qui dansent sur la terre. C’est le principe solaire de l’humanité qui est entrain de s’incarner sur terre.

Parfois une éclipse obscurcit le monde pour quelques instants de stupéfaction, mais cela ne dure que l’espace d’un instant…

Et qu’avons-nous encore à prouver ? Nous faisons de notre mieux, c’est tout.

… Et voici qu’un grand rire explose à même le ciel et illumine nos visages : oui, nous avons fait de notre mieux. Pour le reste, cela ne nous appartient plus…

 

*

 

Et parce que peut-être tout cela semble jouer de tant de complexité lorsque nous tentons de l’exprimer avec des mots, et parce que cela s’adresse finalement aux partitions de la simplicité, je souhaiterai dés à présent vous parler de cet homme que personne ne connait.

Homme de peu de poids dans les enceintes médiatiques. Avare de mots et probablement inconnu dans les grands florilèges des conventions sociales, il traverse le tissu du monde en chantant de silence. Son mutisme nous parle de l’agitation des eaux de surface qui habille le monde visible, et nous fait subitement pénétrer dans les profondeurs de l’être…. Porteur de toute la profondeur de l’océan dans la simplicité du présent, il traverse le monde en nageant avec l’élégance du dauphin et en volant avec l’aigle de la clairvoyance sur les sommets de la sérénité.

Lorsque le hasard de la vie me fit croiser cet homme pour quelques secondes d’éternité, il a suffit d’un geste et de trois mots prononcés dans un français approximatif pour que le ciel s’ouvre de clarté. Face à tous les discours regorgeant d’éloquence, ces mots ne sont rien. Et pourtant… Ils portent en eux les promesses d’une humanité nouvelle. Il a suffit de trois mots pour signifier toute la beauté du genre humain.

Si je vous répétais ces trois mots, ils n’évoqueraient certainement que la banalité d’un quotidien sans prétention. Car ne sont pas les mots qui importent mais ce qu’ils transportent, c’est-à-dire en quelque sorte l’énergie qu’ils véhiculent ou la source même de leur émergence. Lorsque le mot jaillit dans une sorte de fraicheur édénique, se révélant être comme l’écho d’une innocence retrouvée, il porte alors en lui les germes de tous les possible. Il s’affranchit de toutes les frontières et embrasse l’humanité… C’est ici la marque des grandes âmes qui ploient d’éloquence dans le silence… Ce ne sont plus les mots qui parlent mais le cœur même du monde. Echo du monde, cette vérité nous traverse comme un orage de fraicheur dans les espaces brulés de nos déserts intérieurs.

Ces mots franchissent toutes les barrières de la séparation et nous atteignent en ce que nous avons de plus profond en nous. Et parce qu’ils nous atteignent au plus profond de nous, ils nous relient à ce que nous avons de plus profond en nous. Ils nous relient aux fils invisibles d’une vie qui puise à la source d’une eau tellement pure. A cette vie jaillissante sans compromission, à cette réalité fondatrice et créatrice qui déploie ses ailes.

Mais encore une fois, c’est un grand rire qui explose à même le ciel : oui, nous essayons d’exprimer au mieux ce que nous percevons du monde. Pour le reste, cela ne nous appartient plus…

Fraternellement,

Alain

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