par Alain Degoumois

En se rendant chez Simon, Sophia se sent des ailes. Le ciel est bleu, le soleil réchauffe sa peau. Elle respire de grandes bouffées d’oxygène. A chaque respiration son corps se gorge d’énergie et frissonne. Elle sait que cette journée va être belle. En traversant les rues, elle se sent guidée par une main invisible.

Très vite, elle arrive au pied de la maison de Simon. Elle devine un petit jardin derrière la maison. Elle sonne. Simon arrive et l’accueille chaleureusement.

– Bonjour Sophia. Soyez la bienvenue. Vous êtes ici chez vous.

– Bonjour Simon. Merci pour l’invitation.

Simon la guide. Ils arrivent dans une véranda habillée de végétaux. Au centre se trouve une table de salon, deux canapés et un écran de télévision sur une petite table en retrait.

– Je vous propose un thé vert Sophia ? Un Uji-Sencha, du meilleur cru !

– Volontiers, oui.

Sophia est un peu intimidée. L’accueil et la gentillesse de Simon forcent le respect. Il est attentionné, mais en même temps détaché. Cependant, elle se sent à l’aise et c’est l’essentiel.

Après avoir bu quelques gorgées de thé vert et avoir échangé des formalités d’usage, Simon en vient au fait.

– Sophia, je vous propose un petit film. On pourra en discuter par la suite si vous le souhaitez… Mettez-vous à l’aise.

– Oui, ok, très bien Simon…

Simon saisit une télécommande. La télévision s’allume et le film commence…

La vidéo montre un groupe de gens qui parcourent la surface du monde. Ils sont alignés et séparés d’une cinquantaine de mètre. Ils traversent des espaces champêtres et urbains en formant une sorte de quadrillage.

La caméra fait un zoom sur une personne du groupe.

Une femme s’approche de cette personne et un dialogue s’instaure :

– Que faites-vous ?

La personne répond sur un ton jovial et enjoué :

– Nous semons bien évidemment !

– Vous semez quoi ? Je ne vois pas de semences dans vos mains…

On perçoit le regard de la personne : Un regard profond, empli de sérénité et de joie.

– Nous sommes des semeurs de possible. Nous posons la première couche, celle qu’on ne voit pas. Nous préparons la terre pour permettre à ce qu’il y a de plus beau de germer.

– Des semeurs de quoi ? De possible ? ! Vous vous moquez de moi !

Constatant l’air désabusé de son interlocutrice, la personne répond :

– Pas le moins du monde, je ne me permettrais jamais de me moquer de vous… Ah oui, je comprends. Il vous manque quelque chose. Je vais vous expliquer en quelques mots. Notre activité consiste à parcourir le monde et semer ce que nous sommes.

– Ce que vous êtes ? Et vous êtes quoi exactement ?

– Nous sommes avant tout une identité énergétique et donc vibratoire. Et c’est ce que nous semons tout simplement.

– Ça me semble tout de même un peu bizarre votre truc…

– Si vous vous arrêtez à l’aspect physique et matériel du corps, cela peut effectivement paraître bizarre. Cependant, si vous prenez en considération l’aspect énergétique du corps, sa relation avec l’âme, sa place dans le grand univers, alors tout s’éclaire. Que nous en soyons conscients ou non, nous semons toujours autour de nous ce que nous sommes. D’ailleurs, nous ne pouvons pas semer autre chose que ce que nous sommes. Notre identité, c’est justement ce que nous sommes de toute éternité, au delà de notre apparence physique et de nos différences.

– Ce que nous sommes de toute éternité ? !

– Oui, regardez maintenant la danseuse, elle va vous montrer ce que nous sommes de toute éternité…

La vidéo montre alors une danseuse qui entame une chorégraphie accompagnée d’une musique magnifique et inspirante. On voit la chanteuse danser dans une maison, puis son corps grandit. Elle danse maintenant sur une ville, puis un département, puis un pays. Son corps grandit encore. Elle danse sur toute la France, puis l’Europe et enfin le monde entier. Puis son corps se dilate à l’infini dans le système solaire, la voie lactée, la galaxie et enfin l’Univers…

Le film se termine et Sophia ne peut retenir des larmes d’âme. Elle a été touchée au cœur par la grâce de cette danse. Elle sent au plus profond d’elle un appel… Elle comprend maintenant que nous sommes tous des semeurs et que c’est la plus belle mission de vie que nous puissions avoir.

– Je veux ça sur mon Curriculum Vitae ! Dit-elle pour plaisanter

… Et voilà que deux rires montent dans la maison et ensemencent de joie le ciel et la terre…

Retrouvez les Chroniques de Alain Degoumois sur la Presse Galactique

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