par Marie Ribeill

Il est difficile de trouver les mots qui apaisent, qui réparent et qui soignent. Il y a des drames dans la vie, qui rendent muet de douleur et de surprise…

Nous avons tous en nous cette petite faille où se glisse sournoisement l’illusion de la sécurité et du déni. Quand l’Homme se pense à l’abri, il vit reclus dans sa bulle et reste sourd aux appels de détresse qu’hurlent les gens autour.
Mais quand vient le drame qui fait éclater la bulle, l’homme se sent soudain vulnérable, alors le voilà qui semble plus attentif et lucide. La bulle s’en est allée, l’heure de la conscience a sonné.

Cette dernière semaine, mes compatriotes français et moi-même, avons subi un traumatisme qui nous a soudainement sorti d’une léthargie profonde.
Mais il en est chaque jour ainsi dans le monde. Un seul drame ne doit pas voiler la violence qui règne chaque jour au sein de l’humanité. La barbarie n’est pas neuve, elle survit depuis le premier homme et chacun l’a vécu plus ou moins directement dans son existence. Elle n’épargne personne et frappe au hasard des destins et des vies.
Nous, humains, ne voyons que les murs de nos frontières, comme si l’extérieur n’était pas digne d’exister. Et par soucis d’ordre et d’illusion, nous aimons compartimenter, catégoriser et étiqueter les autres. Les stigmatiser, les humilier, les railler mais surtout, surtout ne pas comprendre leurs différences et les aimer.
Voici que le chaos a une nouvelle fois soufflé sur ce château de cartes branlant… Peut-être alors, qu’il est temps.
Oui, il est temps, mes amis ! De laisser aller ces briques de préjugés, ces murs de haine et de violence, ces barbelés d’indifférence et ces parpaings de souffrance que l’on se renvoie à la figure !

Jamais la haine n’a marché ni offert de solutions viables et efficaces !

Depuis le fond des âges, l’Homme se divise et se déteste. Nous venons tous du ventre de nos mères, il n’y a pas un seul d’entre nous qui ne soit plus digne de vie qu’un autre. Nous sommes venus en ce monde avec la même innocence, la même vulnérabilité, la même soif de vivre et cette même recherche de Paix.
Ce n’est qu’en grandissant dans les vérités erronées de ces bulles communautaires, en grandissant dans ces prisons sociétales, que petit à petit, nous avons perdu notre instinct du coeur pour celui de l’illusion et du profit.
Dès l’enfance, la violence et ses interdits se sont présentés à nous. Ils nous ont construit, éduqué et c’est en ces lacunes intérieures que nous avons basé notre normalité.

Et nous avons oublié…

Nous avons oublié ! L’Homme n’est plus Homme. Il est cet animal qui, doué d’esprit et de parole, se croit plus intelligent mais s’est déconnecté de son instinct pur, celui d’Aimer.
Il est cet être qui ne se rend pas compte de la chance qu’il a de pouvoir évoluer. Il ne la saisit pas et lui tourne le dos, retournant vers cette colère sanglante qui a pourtant toujours échoué : la guerre.

La guerre est l’Histoire des hommes. Elle lui a tout pris et tout volé, il n’y a rien à en retirer de beau, de bon et de glorieux. Pourtant, l’humain continue à s’accrocher et à croire en elle.
La guerre n’a jamais eu que des montagnes de cadavres à nous offrir. Des queues infinies de veuves et d’orphelins, des océans de larmes et d’esprits brisés. Des ruines, des régions blessées et une nature torturée.
La guerre est la solution des faibles et de ceux qui ne Savent pas. Le monde est rempli d’ignorants, de gens qui préfèrent suivre l’appel de la peur plutôt que celui de leur coeur.

Mais alors que fais-je, moi, au milieu de ces considérations militaires et politiques, et de ces semblables dans lesquels je ne me reconnais pas ?
Qui suis-je au milieu de cette foule anonyme qui me bouscule par ses cris de vengeance et de désespoir ?

Je ne suis personne. Et je n’ai, malheureusement, aucune solution à offrir. Ma vie importe peu, elle n’est qu’un brin d’herbe dans l’immensité du monde.
Je suis moi aussi en colère et j’ai mal pour cette humanité qui de jour en jour, agonise.
Moi aussi je tremble de laisser à mes enfants un avenir de souffrance.
Mais je ne peux pas clamer le meurtre, je ne peux pas clamer la haine. Je ne suis pas ça et ne veut pas en être l’exemple hypocrite.

Pourquoi un jour, ne pas essayer ?

Pourquoi ne pas essayer de prendre le contre-pied de tout ce qui, jusqu’à présent, n’a pas marché ?
Pourquoi ne pas brandir notre Amour et notre Lumière, notre envie de partage, de tolérance et de Vie ?
Pourquoi ne pas nous pardonner nos erreurs et celles des autres ?
Pourquoi ne pas tendre la main et saisir celle que l’on nous tend ?
Pourquoi ne pas explorer nos propres richesses intérieures plutôt que de s’appauvrir en enviant celles des autres ?
Pourquoi chercher la Paix dans la guerre, la Vérité dans le mensonge ?
Pourquoi se jeter la pierre plutôt que d’oser se regarder ?

Il en est de la responsabilité de chacun de réfléchir, de nous retrouver sur le même Chemin. Ce dernier n’est pas exempt d’ornières et de difficultés, mais alors nous ne serons pas seuls à les dépasser.
Je suis bien consciente que le monde actuel s’est à tel point ancré dans la violence, les doutes et la peur, qu’à ce stade-là, il est impossible de parler Paix sans penser d’abord à mener des guerres…

Malgré tout, je vous en prie… Laissez-moi espérer ! Laissez-moi croire !
Laissez-moi fouiller demain avec mes rêves ! Laissez-moi envisager que la liberté, l’humanisme et le pacifisme sont encore possibles !

Je sais bien que beaucoup doutent et voudraient me faire douter…
Mais je vous en prie, laissez-moi vous dire encore et encore que tout peut un jour changer… Laissez-moi semer les graines de la Joie, de l’épanouissement et de la bonté !
Et laissez-moi briller ! Car il faut bien un peu de Lumière pour que l’humanité ne se perde à jamais…

Je sais bien que le monde vit des jours sombres et que les ténèbres ne cessent de frapper. Mais laissez-moi jusqu’au bout brandir ma Lumière !
Car cette dernière n’a encore à déplorer aucune victime et sa chaleur fait naître chaque jour des miracles…
Je comprends votre douleur, je comprends votre haine, je comprends les victimes et les bourreaux, les manipulés et les manipulateurs, je comprends quiconque en ce monde, car je suis une infime partie de lui.

Mais comprenez qu’en usant de la haine, vous gangrenez plus encore ce que nous sommes. C’est de votre propre fureur que main dans la main, vous tissez ensemble, victimes et bourreaux, le linceul de l’humanité…

Vous n’êtes pas ennemis, vous êtes frères de colère !

Et moi, je vous regarde…

Vous qui mettez tant d’énergie à vous rassembler dans la violence, alors que vous gagneriez tant à vous Unir dans l’Amour…

Marie Ribeill
Source: http://www.plume-zoom.com/

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Marie Ribeill

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