crevecoeur-compressorpar Jean-Jacques Crèvecoeur

Qu’est-ce que la maladie ? Question simple. Trop simple, peut-être, parce que peu de personnes songent à se la poser… Pas même les médecins ou les scientifiques, censés nous guérir, ni même les patients qui, somme toute, sont les premiers concernés.

Il est des évidences dont il faut parfois se méfier… L’une d’entre elles concerne la maladie qui, pour beaucoup, est synonyme de quelque chose de mauvais à combattre… Pourtant, les choses ne sont si simples qu’elles n’en ont l’air…

Prenez le mot « maladie » et prononcez-le. Comme moi, je suppose que vous entendez « mal ». Et il est vrai que si l’on se réfère à son expérience, quand on est malade, on souffre. Notre première réaction lorsqu’on a mal est de faire cesser la douleur le plus rapidement possible. La mission du thérapeute est donc de faire recouvrer à son patient un état de bien-être, de non souffrance. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, me direz-vous. Tout le monde est d’accord sur ce point. Là où les avis commencent à diverger, c’est au moment d’arrêter son choix sur la démarche à suivre pour revenir à un état de bien-être… Et, personnellement, je les classe en deux grandes catégories : d’une part, la conception symptomatique et, d’autre part, la conception dynamique. Je m’explique…

DEUX CONCEPTIONS DE LA MALADIE

La conception symptomatique (c’est-à-dire celle de la médecine classique) voit la maladie comme un mal et une accumulation de symptômes (je vomis, j’ai de la fièvre, j’ai des boutons, etc.). Pour elle, la maladie, c’est le symptôme. Pour supprimer la maladie, il faut donc logiquement supprimer le symptôme. S’il n’y a plus de symptôme, il n’y a plus de maladie et le patient est par conséquent guéri.

La conception dynamique (celle des médecines globales comme l’homéopathie, l’acupuncture, la médecine chinoise, l’ostéopathie, mais aussi celle de la médecine nouvelle du Docteur Hamer), quant à elle, est certainement moins immédiate au niveau de notre expérience. Elle conçoit la maladie comme un déséquilibre interne et le symptôme comme la manifestation extérieure et visible consécutive au déséquilibre qui s’est installé. Et, en effet, quel malade a déjà pris conscience de l’apparition d’une tumeur cancéreuse au moment précis où elle commençait à se développer ? Personne — et c’est bien dommage —, sinon, il y a belle lurette que plus personne ne mourrait du cancer. Quand la maladie s’installe, habituellement, on ne s’en rend pas compte. C’est absolument imperceptible. Ce n’est que plus tard, lorsque le symptôme apparaît, qu’on s’aperçoit que quelque chose s’est passé.

C’est cette dernière conception que je présenterai ici, celle qui voit la maladie, non pas comme un ensemble de symptômes qui font souffrir, mais comme un déséquilibre. Et pour vous l’expliquer, je voudrais prendre 2 images toutes simples : celle de l’équilibre à vélo et celle du corps vu comme une maison.

SANTÉ ET ÉQUILIBRE DYNAMIQUE

Comment comprendre le fait que nous « tombions » malades, au vu de ce qui a été dit ci-dessus ? J’aurai recours à une expérience que pratiquement tout le monde a déjà vécue : celle de rouler à vélo. Mon professeur de physique m’a expliqué en son temps quelque chose qui m’a fait beaucoup réfléchir. Il disait que l’équilibre dynamique était à l’image d’une bicyclette. Un vélo n’est en équilibre que parce que vous le mettez en mouvement et que vous entretenez ce mouvement. Si vous cessez de pédaler ou si vous ne pédalez plus suffisamment vite, c’est inévitable : vous tombez ! Pour moi, la santé, c’est la même chose : il est nécessaire de pédaler en permanence. Dès que vous vous arrêtez de pédaler ou que vous ralentissez le mouvement vers l’avant, vous avez plus de chance de « tomber » malade, puisque vous compromettez votre équilibre.

Pour moi, dire « je suis guéri » ou « je suis malade » n’a pas beaucoup de sens, car il s’agit là d’une conception statique. Je considère plutôt que je suis dans un processus. Si les forces qui m’entraînent dans un mouvement sont plus grandes, je suis dans un processus de guérison ou de non-maladie. Si les forces qui m’entraînent dans un mouvement sont très petites, je suis dans un processus de maladie.

Donc, pour moi, la maladie ou la guérison ne sont pas des états qu’on atteint une fois pour toutes, mais des processus que l’on traverse en permanence au cours d’une vie.

LE « GRAND NETTOYAGE »

Je voudrais maintenant examiner avec vous la seconde image.

Pour ce faire, nous allons imaginer que notre corps est une maison. Dans la symbolique des rêves, souvent, la maison représente le corps du rêveur. Si la maison est délabrée, le message envoyé pourrait être le suivant : « Prends soin de ton corps, parce qu’il est en train de se délabrer. » Il faut voir quelle partie est en train de se délabrer… Je ne rentre pas dans les détails, mais imaginez que votre corps est une maison.

Quand vous étiez petit, vous avez reçu votre « maison » à votre naissance. On vous a appris que ce n’était pas bien de sortir ses poubelles sur le trottoir dès qu’elles étaient remplies, qu’il valait mieux les garder à l’intérieur. Vous comprenez tout de suite que les poubelles, ce sont les symptômes.
Quand on vit dans une maison, il y a nécessairement une production de déchets. Ces déchets sont enfermés dans des poubelles que l’on sort une ou deux fois par semaine sur le trottoir pour qu’elles soient ramassées par des spécialistes (les éboueurs). Elles seront retraitées dans le meilleur des cas, brûlées dans le pire des cas.

Il en va de même pour la maladie. C’est vrai que, pour les voisins, faire une éruption cutanée, avoir de la fièvre, vomir, ce n’est pas très convenable, ce n’est pas très propre ; il vaudrait mieux garder tout cela pour soi.

Au début, vous êtes nouveau locataire, nouveau propriétaire. Après un certain temps, vous pensez à sortir vos poubelles. Cela commence à sentir mauvais à l’intérieur, donc, vous les sortez sur le trottoir.

Les voisins (vos parents), horrifiés, appellent tout de suite la police (le médecin) qui va vous dresser un procès-verbal (un diagnostic) en disant : “ Reprenez vos poubelles chez vous. Nous avons reçu une plainte de votre voisinage, vous empestez tout le monde. Ou vous rentrez vos poubelles, ou vous serez condamné pour dépôt clandestin. ”  Pour être sûr que vous n’allez pas recommencer, on cloue quelques planches devant votre porte d’entrée.

Vous condamnez alors une pièce de votre maison et y accumulez vos poubelles. À un moment donné, il y aura tellement de poubelles que la fenêtre va craquer et on assistera à un déversement de poubelles beaucoup plus important que la première fois, car les fenêtres se sont effondrées. De nouveau, vos voisins vont téléphoner à la police en disant : “ Venez, mais employez les grands moyens, car il a recommencé ! ”  Au lieu d’avoir une éruption cutanée, ce sera une pneumonie, un ulcère à l’estomac ou de l’asthme… Ce n’est pas très bien. La police vient et, “ pour votre bien ”, ramène toutes les poubelles à l’intérieur de votre maison et cloue des planches aux portes et aux fenêtres afin de s’assurer que, cette fois, plus rien ne déborde. Tôt ou tard, vous devez condamner le rez-de-chaussée et êtes obligé de vivre à l’étage… Jusqu’au moment où vous accumulerez des poubelles au premier et où, une fois encore, les fenêtres éclatent, les poubelles débordent, les voisins rappellent la police… Vous êtes empêché de vivre au premier et devez vous réfugier au grenier.

À force de condamner pièce par pièce, il n’y aura plus de place du tout pour vivre, dans votre maison. Votre corps sera complètement intoxiqué, il sera rempli de toxines et ce sera la maladie majeure, la maladie grave, soit une maladie cardio-vasculaire, soit une maladie dégénérative comme la sclérose en plaques, le cancer, le SIDA ou autre. On en arrive à un stade de saturation qui fait que ce sont les murs de la maison qui s’écroulent. Or, vous pouvez mourir lors de l’effondrement de votre maison.

Je suis en train de vous donner une image. Mais elle me semble relativement proche du processus de maladie et du processus de guérison, si l’on regarde les choses avec un œil nouveau par rapport aux croyances que nous avons reçues.

CHANGER NOTRE VISION

Si nous avons la croyance que le fait d’être malade (de sortir ses poubelles pour reprendre l’image de la maison) est une mauvaise chose, nous gardons en nous toute une série de causes de déséquilibre, et par conséquent, de maladies à l’état latent. Le déséquilibre intérieur reste invisible, jusqu’au moment où les choses commencent à déborder à l’extérieur sous forme de symptômes.
C’est donc le plus souvent au moment où il faudrait se réjouir que l’on s’inquiète et que l’on appelle le médecin. En effet, lorsque les symptômes de maladie deviennent visibles, c’est le moment où vous commencez à sortir vos poubelles, le moment où, enfin, quelque chose se débloque et où vous reprenez les pédales, où vous réamorcez les forces de mouvement en vous, où vous rentrez dans un processus de rééquilibrage, comme je l’expliquais plus haut avec l’image du vélo.

Attention ! Ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser faire la nature ! Cela reviendrait à adopter une position extrémiste. C’est suite à de telles prises de position que certaines personnes développent de graves complications, voire même meurent. Il faut savoir demander de l’aide à l’extérieur afin de recevoir l’énergie nécessaire pour éjecter toutes ses poubelles par-dessus bord. Surtout si l’on est déjà au premier étage et que les fenêtres sont barricadées jusqu’à mi-hauteur.

Dans des thérapies comme l’homéopathie ou l’acupuncture, par exemple, le rôle du thérapeute est d’aider le corps à effectuer son nettoyage plus en profondeur et plus rapidement. C’est la raison pour laquelle, dans un premier temps, vous vivez ce qu’on appelle un processus d’aggravation symptomatique, c’est-à-dire un état qui vous donne l’impression d’aller plus mal alors qu’en réalité, vous êtes en train de vous rééquilibrer… C’est souvent pour cette raison que la moitié des personnes qui consultent un homéopathe, et ne connaissent pas le principe de la guérison en homéopathie, abandonnent leur traitement et retournent en courant vers leur médecin traitant en disant : « Cela va encore plus mal. Je crois que l’homéopathe s’est trompé. J’avais 38 de température, maintenant j’ai 40. Vite, donnez-moi quelque chose pour faire tomber la fièvre ! » À ce moment-là, il y a, en fait, incompréhension du processus. Le patient contrecarre l’effort d’une approche plus globale et plus systémique.

Mais les patients ne sont pas les seuls à présenter ce genre de comportement. Nombre de thérapeutes ignorent eux-mêmes les étapes par lesquelles passe le processus de guérison. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais expérimenté les processus qu’ils proposent à leurs semblables. Certains mêmes ne se posent même plus la question de savoir ce qu’est un être humain en bonne santé…

Dans la société hyperactive qui est la nôtre à l’aube du troisième millénaire, s’il est de mauvais ton de montrer que l’on est en mauvaise santé, l’industrie pharmaceutique n’a jamais été aussi florissante. Paradoxe ? Ironie du sort ?Évolution dégressive ? Non. Je ne pense pas. Pour moi, tout processus de guérison ou d’évolution passe par une nécessaire étape de confrontation à nos propres ombres. Ce n’est qu’en reconnaissant, en acceptant et en menant cette phase de nettoyage à son terme que nous pourrons réussir le passage vers le changement et l’équilibre.

CONCLUSION

Au terme de cet article, je tiens à tirer rapidement quelques conclusions. Tout d’abord, mon objectif n’a pas été de vous convaincre que vos croyances étaient erronées à propos de la santé et de la maladie. Je ne sais que trop bien qu’il faudrait bien plus pour vous faire changer. Mon objectif était de vous proposer une vision de ce que sera probablement demain, la compréhension de la maladie et de la guérison. Si l’une ou l’autre idée a fait résonance en vous, je vous invite à approfondir votre recherche, à vous informer, à lire les livres qui commencent à sortir sur le sujet… Et surtout, à expérimenter par vous-même et sur vous-même, comme je le fais depuis 1984.

Ensuite, cette vision de la maladie est porteuse d’une immense bonne nouvelle : la maladie n’est pas une fatalité, elle n’arrive jamais par hasard. Ce qui veut dire qu’en changeant nos habitudes comportementales, nos schémas de pensée, notre vie émotionnelle, nous pouvons éliminer définitivement l’emprise des maladies sur nous. De plus, même si nous tombons encore malades de temps en temps, nous ne serons plus dépendants des thérapeutes qui se placent dans une position de pouvoir par rapport à nous. Nous retrouvons, enfin, notre autonomie, notre liberté, notre souveraineté.

Enfin, en tant que patients et en tant que citoyens, nous avons tous un devoir d’informer notre entourage, le plus largement possible, sur ces nouvelles recherches, pour que la folie qui s’est emparée du pouvoir médical, politique et économique à l’égard de tout ce qui est alternatif soit discréditée, rendue non pertinente, obsolète. Quand je vois les persécutions dont font l’objet de nombreux thérapeutes qui ont choisi de se mettre réellement au service de la santé et du malade (et donc de ne plus servir les intérêts des grands groupes pharmaceutiques), je sais que cette nouvelle forme d’inquisition ne cessera que lorsque nous serons assez nombreux pour dire en face, à nos médecins traditionnels, ce qui nous a vraiment guéris. Sinon, la maladie restera encore pour longtemps aux mains de ceux qui ont pris le pouvoir sur notre vie et sur notre corps. Nous avons le Monde que nous méritons. Aurons-nous le Monde auquel nous avons légitimement droit ? Cela ne dépendra que de nous.

Note : cet article est paru dans Infor-Vie Saine en février 2001

Source: http://creer-une-meilleure-vie.com/

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