Lire la partie-I ici… 

par Frank Hatem

V : COMMENT VIVRE EN SE SACHANT QUE TOUT A VOCATION A ETRE NEANT

Le néant n’est jamais une réalité, et rien ne sombre jamais dans le néant. On ne peut pas avoir conscience du néant. Nous sommes le pôle conscience de la réalité, le pôle infini ne nous concerne pas. Il est seulement notre raison d’être, ce qui est beaucoup, mais qui ne nous menace aucunement au contraire. C’est grâce à sa nécessité que nous sommes, et que nous sommes éternels. Vive le néant. On ira toujours vers ce qu’on ne peut pas atteindre, c’est notre assurance-vie, notre assurance-conscience, notre assurance-amour, car s’unir au tout est une question d’amour de plus en plus grand.

Tout a vocation à aller vers ce qu’il ne peut pas atteindre, en tout cas dans le cas de l’Absolu, la Relativité étant indispensable à ce Dernier. Qui n’est pas dernier pour rien.

On peut parfaitement profiter de toutes les « réalités » du monde parce qu’on sait que toutes, en fait, sont éternelles. Le fait qu’elles disparaissent d’un monde ne leur enlève rien. Ce qui les caractérise en tant que niveau vibratoire, en tant que portion d’infini, en tant que type de relation, est toujours éternel. Bien que la forme change périodiquement ou en continu. Et c’est à ce niveau vibratoire, cette relation, cette utilisation que nous sommes attachés en réalité, pas à la forme. On n’est attaché à la forme parce qu’on y identifie la réalité de l’individu, mais cette forme n’existe pas, elle change tout le temps. Chaque fois qu’on rencontre la même personne, ce n’est pas du tout la même personne. Bien des choses ont changé, et ce n’est pas à cela qu’il faut s’attacher. En fait on est attaché à la relation elle-même et c’est elle qui est importante pour nous, que nous avons besoin de vivre. Les pôles de la relation sont de toute façon illusoires, alors que le type de relation qu’on vit, et notre façon de réagir, ne sont pas du tout des illusions. Ce sont des réalités éternelles. Ce type de relation quel qu’il soit a toujours existé et existera toujours, sous une forme ou sous une autre.

On va même jusqu’à se réincarner de nombreuses fois avec les mêmes personnes dans la même famille pour pouvoir continuer d’expérimenter tel ou tel type de relation. Avec pour but de le guérir. Mais cela peut prendre du temps. En tout cas lorsqu’on en sort, ce type de relation existera encore quelque part, vécu par d’autres. C’est l’ensemble de toutes les relations qui permet de progresser vers le néant, et si le néant est nécessaire, alors toutes ces relations sont nécessaires. De l’amour toujours de l’amour. Rien d’autre. Grâce au Néant.

Si le Néant n’était la vocation universelle, aucun amour n’existerait, ne serait possible, et nous ne pourrions vivre un amour de plus en plus grand au fur et à mesure de l’évolution.

Ce n’est pas facile pour le mental de changer ainsi son fusil d’épaule et aimer aujourd’hui ce qu’il détestait hier. Se réjouir aujourd’hui de ce qui lui faisait tant peur hier. Il n’y a pas d’autre solution que comprendre toujours mieux cette nécessité qu’elle le Néant, dont la multitude des expériences relationnelles est le moyen, l’unique moyen. Renier ce néant, continuer de détester ce néant, continuer d’avoir peur d’y sombrer, ce serait rejeter toutes ces expériences de vie, refuser tout amour.

On ne peut pas renier un but sans renier ses moyens.

On ne peut pas aimer des moyens sans aimer leur but.

Ou alors c’est qu’on est encore un peu trop attaché à une ignorance pourtant inconfortable.

VI : COMMENT VIVRE EN SE SACHANT QUE LE BUT NE PEUT ETRE ATTEINT

Tous les buts définis et délimités peuvent être atteints et doivent l’être, à partir du moment où ils sont formulés sous forme de désir, et plus qu’un désir : une décision, ils doivent être réalisés, c’est-à-dire être vécus consciemment quelque part par quelqu’un.

Dire que le But absolu ne peut être atteint ne signifie nullement que tout but est inatteignabe, pas du tout. Au contraire. Puisque ce qui constitue le Tout, le Grand But, est une multitude de petits buts définis, tout comme chaque nombre constituant l’infini est, lui, bien délimité. Il a une existence certaine.

Chacun de nous est un ensemble de buts individuels, rassemblés au sein d’une mission de vie personnelle. Tout cela est fini, délimité, atteignable. Il n’y a aucun but délimité non atteignable, justement puisqu’il est limité. Seul l’illimité est inatteignable, bien entendu.

Chacun, personnellement, est comptable de ses objectifs personnels et des moyens qu’il se donne pour les réaliser, ainsi que de leur accomplissement final. C’est un devoir que de réaliser ce que l’on désire au plus profond de soi. Les « désirs de cœur », qui ne sont pas les « désirs d’ego » mais peuvent utiliser ces derniers.

Car bien souvent, ce sont nos névroses personnelles qui nous poussent à aller vers notre réalisation. Sans ces besoins psychologiques, le Grand Besoin de l’accomplissement de notre existence ne saurait être poursuivi, parce qu’on n’est pas toujours capable de l’assumer, de le reconnaître, de le décider.

Il faut donc bien souvent passer par des leurres psychologiques. De même que lorsque je vais chez le boulanger en croyant que je vais y acheter des croissants, le but réel inconscient est de rencontrer telle personne dans le but de vivre telle relation. Et si je savais consciemment que j’ai cela à faire, certainement je n’irais pas chez le boulanger, ou bien j’irais en faisant tout pour que rien ne se passe. Involontairement.

On n’est jamais conscient des vrais buts, encore moins du But absolu. Heureusement. Mais on peut en être averti, le savoir mentalement, ce qui ne veut pas dire que ce soit un désir conscient. Personne n’a le néant pour désir. Personne n’a le néant pour but conscient. Mais tout le monde va dans cette direction car c’est dans cette direction que se trouve une unité croissante, et chacun consciemment fait tout pour atteindre une unité croissante, qu’il considère comme un amour plus grand à vivre.

Dès que je sais que l’Absolu est le but de toute chose et de moi-même, je peux m’empresser de l’oublier, cela n’a pas d’importance, et si cela m’aide parce que j’ai encore peur, autant ne pas s’embêter avec cela.

Cela ne change pas grand-chose, l’essentiel étant de savoir que l’explication existe, qu’on y a accès, qu’on l’a intégrée, et qu’elle justifie tous ces aspects de l’incarnation que, souvent, je fuis et refuse justement parce que j’ignore que tout cela a un sens. Une fois que j’ai compris, je peux faire confiance, je n’ai plus aucune raison de me dire que le But est néant, ou que l’Absolu est inaccessible.

Il y a bien assez de buts accessibles à poursuivre, et c’est en vivant au quotidien la réalisation de ce qui m’épanouit et aide les autres à s’épanouir que je progresse vers un but que j’ai tout intérêt à oublier. Un fois compris, la confiance est là, on appelle cela la Foi, et la foi aide à vivre. Elle permet de s’incarner joyeusement, d’aimer joyeusement, et pas d’avoir peur ou se demander si l’univers ne serait pas par hasard méchant ou contre moi.

L’ego peut bien souvent avoir ce sentiment, mais savoir qu’on n’est pas l’ego et que ce qu’on est est infiniment plus grand et infiniment plus confortable pour ne pas dire merveilleux, permet de ne pas attacher trop d’importance à ces peurs et d’aborder la vie avec confiance et dans une expectative heureuse. Quoi que vive mon ego, ce sera bon. Si c’est quelque peu douloureux, tant pis, à moi de savoir relativiser en faisant confiance au fait que c’est utile à la croissance de l’amour. Mais plus j’accepterai d’avance toutes les tribulations possibles, moins j’aurai peur, moins j’aurai besoin d’expérimenter ces « épreuves », et le vrai Soi en fait, est là pour épargner cet ego, lui éviter la souffrance, l’aider dans son épanouissement vers un bonheur maximum. On n’y arrive pas toujours mais on est là pour cela.

Le But final ne nous regarde pas et ne regarde pas l’ego, c’est grâce à son inaccessibilité infinie que nos petits buts personnels sont importants et doivent être vécus. Merci encore le Néant.

VII : COMMENT VIVRE EN SE SACHANT QUE LE MAL N’EXISTE PAS

C’est vrai que l’ego est prompt à juger et a besoin de cela pour se différencier du reste de l’infini. Et qu’il peut être dérouté à l’idée que tout est nécessaire au Tout. Il n’y a pas un type de relation qui n’ait pas sa place dans le grand concert vibratoire entre la division absolue et l’unité absolue.

Alors bien sûr, à partir du moment où on a compris d’où vient la dualité, on ne peut plus vouloir supprimer un des deux pôles. On ne peut pas arracher son Nord ou son Sud à un aimant. Toujours un état d’être se définira par rapport à son complément, et pourra soit haïr ce complément soit l’aimer, on a le choix.

Tout part de Soi. C’est au centre de l’infini que se décide quelle relation on joue, quel rôle on joue, quel niveau d’amour on manifeste. Cela n’est pas décidé par l’Absolu, il n’y a pas d’Absolu. Ni par l’infini ni par le Néant. Il n’y a personne pour décider à notre place. On peut toujours dire que c’est à cause de notre éducation, ou de notre passé, ou de nos habitudes que nous agissons de telle ou telle façon, mais ce n’est la faute de personne à part soi. Notre passé ne nous impose rien, il s’agit simplement de mémoires qui nous orientent de façon à les confirmer, à ne pas les remettre en cause. Mais on est toujours libre de décider de ses intentions, elles se décident dans l’instant. C’est dans l’instant que je décide qui je suis, comment j’agis. Car être c’est agir. Etre, c’est être un but, une énergie créatrice donc. Et ce but personnel est-il défini par le Grand But ? Bien sûr que non, le Grand But n’est pas quelque chose ni quelqu’un, il n’a pas conscience, il VEUT TOUT. Plus exactement il NECESSITE tout. Et parmi cette infinité de possible, qu’est-ce qui fait que j’ai une attitude ou une autre ? Moi. Là où je me crois, je décide en toute liberté, car c’est en toute liberté que j’obéis ou pas aux injonctions de mon passé, que je maintiens ou pas mes habitudes, que je m’attache ou pas à tel type de personnalité, que je décide ou pas d’être tel type de relation par rapport à ce que j’ai manifesté comme univers personnel.

Face à mon univers, toutes les relations sont possibles. Mais je ne crois généralement qu’à une seule possibilité, celle qui correspond aux habitudes de l’ego que je tiens à maintenir. Que j’entretiens par peur de l’infini. Et donc si j’ai un peu de Connaissance et que cet infini ne me fait plus peur, que je sais qu’il ne me menace pas et que mon ego est fait pour changer, pour mon plus grand bien, rien ne m’empêche de changer ces habitudes, de créer la relation que je souhaite, quelles que soient les mémoires auxquelles je me suis identifié jusqu’à présent. On développera cela dans les modules d’Ontologie et de Métaphysique opérative.

Alors, face à cette responsabilité, je pourrais être amené à juger encore plus, à considérer que personne n’a d’excuse, que celui qui fait le mal choisit de faire le mal. Oui, il choisit, personne et aucun passé ne choisit à notre place. Mais cela ne regarde que lui, c’est sa responsabilité face à son destin, face à l’Absolu, face à sa conscience, de tenir compte des autres ou pas, d’être en empathie ou pas, de faire le « mal » ou pas. Le mal ne se juge pas de l’extérieur, mais est un choix intérieur, un choix d’ego. Et en aucun cas je ne peux le juger, pas plus que mes propres choix ne peuvent ni ne doivent être jugés. De toute façon le rôle qu’il joue sera joué par quelqu’un, et le mien aussi si j’en joue un autre. Où que ce soit dans l’univers.

Cela ne veut pas dire que c’est la porte ouverte à tous les excès, à tous les crimes, et à l’heure du terrorisme qui se banalise, on ne peut pas admettre que chacun ne soit responsable que vis-à-vis de lui-même. Et accepter qu’un comportement néfaste perdure. Il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de ne jamais juger la personne, ce qui est une façon de la figer dans son ego et de s’opposer à son évolution, dans le but évidemment de justifier soi-même de ne pas évoluer. On peut par contre juger un comportement. Cela n’a rien à voir avec la personne. La personne est toujours appelée à changer. Le comportement peut être refuser. On peut tout faire pour l’éviter, on a le droit. Nous sommes tous là pour que les vibrations s’élèvent et donc que les comportements qui divisent ou qui détruisent soient remplacés par des comportements d’unité et donc d’amour croissant. Accepter le passé jusqu’à présent, et même remercier et pardonner, n’a rien à voir avec accepter ce qui ne s’est pas encore produit, ou encourager ce qu’on ne veut pas. Rien à voir. Tout doit être fait pour diminuer la souffrance et accroître l’amour et la compréhension. Mais cela ne peut se faire en ajoutant de la haine présente ou du jugement à une haine ou une erreur PASSEE. Nous sommes créateurs.

De toute façon personne n’est parfait, et comparé à la perfection, tout le monde peut se considérer comme médiocre. Ce serait aussi une erreur. Je n’ai pas à me comparer à une perfection qui n’a pas de réalité ni même de possibilité. Je n’ai qu’une chose à faire : m’occuper de mon propre destin, gérer ma propre volonté, moduler mes propres désirs, réaliser mes propres objectifs, dont l’un, lorsque j’ai compris, est d’aider autrui à trouver et réaliser ses désirs de cœur. Ce qu’on appellera le « Partage des Buts ». Lorsque le crime ou la souffrance se manifestent dans le passé que je vis, c’est plus d’amour que je dois produire, pas moins. C’est un test.

MON NIVEAU DE COMPREHENSION DETERMINE MON NIVEAU DE RESPONSABILITE, et ce n’est que par rapport à ce niveau de responsabilité que je peux considérer ET SAVOIR si ce que JE fais est « bien » ou est « mal ».

Car le bien et le mal existent, mais UNIQUEMENT POUR MOI. Vu de l’extérieur, tout est indifférent, tout est parfait, tout est nécessaire, ici, ailleurs, ou à une autre époque. Est-ce que cela veut dire que je dois tous laisser faire et me désengager de toute intervention pour améliorer la situation ou m’opposer au « mal » ? CERTAINEMENT PAS. Il n’y a pas à juger, il y a à AGIR, en réaction à cet univers que je me donne précisément pour y réagir, parce qu’y réagir définit mon niveau spirituel du moment, et donc détermine mes besoins spirituels pour l’avenir.

C’est pourquoi tous les sages, tous les grands éveillés, ont passé le plus clair de leur temps à combattre, à réagir, à empêcher, à sauver, à aider, parce qu’intervenir, c’est manifester LEUR NIVEAU D’AMOUR PERSONNEL, et il n’y a pas de niveau d’amour qui ne se manifeste pas par des actes d’amour.

En manifestant leur niveau d’amour personnels, non seulement ils assument leur niveau de compréhension, puisque la compréhension détermine le niveau d’amour et non l’inverse, s’ouvrant la voie pour des évolutions futures, mais en plus ils montrent l’exemple de celui qui se considère comme le sommet de sa pyramide universelle, le sommet de son univers qui a une forme de pyramide puisqu’il en est le sommet, et que l’énergie se concentre toujours depuis la dispersion vers l’unification. Du bas vers le haut. Et plus on monte, moins on est nombreux du fait de cette concentration.

Que serait une relation au monde, qui ne se manifesterait pas ? Ce ne serait tout simplement pas une relation au monde. Et la Spiritualité n’est QUE relation au monde, relation à la MATIERE.

Ces sages ont toujours agi, parfois avec force, ou guerroyé, MAIS JAMAIS AVEC HAINE. Cela n’a rien à voir. Se battre avec haine est une guerre de l’ego, et c’est ce que chacun doit éviter. Et pour cela éviter de juger l’autre en bien et en mal. Mais se battre sans haine est un acte hautement spirituel. Non pour l’ego, mais pour l’harmonie du Tout. Pour ne pas être seul à être en paix.

De toute façon tous ceux qui font la guerre cherchent la paix, même si parfois, pour eux, la paix n’est possible qu’en exterminant tous ceux qui ne sont pas de leur avis. Il ne s’agit pas de juger les niveaux d’amour par rapport à soi, il s’agit de les juger les uns par rapport aux autres. Tout ce qui est en bas a vocation à s’élever vers le haut, et le bas existera toujours. Si je juge le mal, c’est toujours par rapport à moi, mon ego. Si je ne suis pas l’ego mais l’évolution elle-même, dont toutes les étapes font partie (et si on est aujourd’hui en haut c’est parce qu’on a fait l’expérience du bas ou en tout cas qu’on a besoin de contenir et avoir assimilé ce bas pour être en haut), alors je ne vois pas le mal. Je ne vois que toutes les formes de l’amour, des plus primitives aux plus élevées, et toutes sont nécessaires. Grâce à elles, Je Suis.

Cela veut-il dire tout pardonner ? Evidemment, mais pardonner avec les yeux de la Connaissance, non avec les yeux de l’ignorance qui pardonne sans savoir, qui pardonne tout en jugeant.

On précisera tout cela ultérieurement.

Si le mal n’existe pas par rapport au passé, cela signifie aussi que TOUT CE QUI A ETE CREE EST PARFAIT, tout est bien. Juger en bien n’est pas juger. C’est le seul constat vrai. Constater le mal c’est juger, c’est donner le pouvoir à l’ego et commencer à haïr. Pas facile de distinguer le passé du présent, mais c’est essentiel car dans le présent il n’y a rien, c’est là qu’il faut créer le bon.

Et tant qu’on n’a pas l’attitude juste, les défis et les problèmes s’aggravent et s’aggraveront jusqu’à ce qu’on ait compris. C’est exactement ce qui se passe actuellement sur cette planète.

Toutes les solutions, tous les combats, consistent à soumettre son ego au Soi. C’est le combat par la Connaissance, la seule vraie guerre.

Vivre avec la connaissance que le mal n’existe pas, cela n’a de sens que lorsque j’ai compris que je ne suis pas l’ego et ne cherche pas à le sécuriser en évacuant ce qui lui fait peur. Tant que je suis l’ego, je jugerai en mal, et ce n’est pas grave. Tout le monde évolue, on ne peut y échapper, et on ne peut échapper au fait, un jour, de ne plus voir le mal.

Même si on est toujours un artisan de paix. C’est en ne voyant pas la guerre dans l’autre mais en soi, là où on peut faire la paix, qu’on construit un monde meilleur.

VIII : COMMENT VIVRE EN SACHANT QUE LE PASSÉ N’EST QUE MÉMOIRE

Oui, c’est difficile, mais c’est simple. Ce qui est simple est toujours le plus difficile, c’est la complexité qui est facile. Il est facile de multiplier les équations, mais pas d’aller à la simplicité d’une seule.

C’est le défi de la Connaissance de Soi en tant que Principe unique.

L’ego est évidemment attaché à son passé, puisqu’il n’est que mémoires. Habitudes. Conditionnements. Et toutes ces mémoires, habitudes, conditionnements, ne peuvent se justifier que grâce à des mémoires d’événements, d’éducation, de choix. Et l’ego a besoin de se justifier, de maintenir sa légitimité car sinon tout le remet en cause : il n’est qu’illusion.

Donc, non content d’entretenir des mémoires, il attribue ces mémoires à un passé.

Ouh là là ! Voilà qui est dur à avaler. Comment une mémoire peut-elle venir d’autre chose que d’un passé vécu ? C’est ce que se demande le mental. Mais « le mental ment monumentalement ». Son rôle est de nous faire croire au contraire de la Vérité métaphysique tant qu’on ne l’a pas réconcilié avec le « Cerveau droit », cet inconscient omniscient auquel il a du mal à croire.

Eh bien non, une mémoire n’est pas due à un passé. La preuve, vous avez autant de mémoires de vos rêves que de votre soi-disant vécu. Aucune différence. Sauf dans le traitement que vous leur réservez : il y en a que vous considérez comme des rêves, d’autres comme des réalités.

Mais ce ne sont que des mémoires. Et comme ces mémoires sont présentes, elles ne sont en fait reliées à aucun passé. Il n’y a pas de passé. Où est-il ?

Par contre il y a des mémoires. Présentes.

Elles constituent mon ego et donc il y en aura toujours.

Tout l’art est dans notre relation à nos mémoires. Est-ce que je leur donne le pouvoir, certain qu’elles sont légitimes puisque associées à un passé, ou est-ce que je les considère comme de simples justifications conjoncturelles, pour que mon ego puisse maintenir ses modes de fonctionnement habituels, MAIS QUE RIEN NE M’EMPËCHE DE CHANGER A VOLONTE si je souhaite un autre ego, changer mes relations au monde.

Il va de soi que ce sera toujours un autre ego, par un vide d’ego, et donc cet ego sera aussi constitué de mémoires. C’est inévitable. Sans mémoires pas d’ego. Mais on est bien d’accord que l’ego est libre, que nous ne sommes pas cet ego mais ce qui transcende tous les egos et s’arrête périodiquement en telle ou telle gare pour laisser monter et descendre les voyageurs que le destin dont je prends la responsabilité nécessite.

De toute façon je change perpétuellement mes mémoires et donc mon destin. Le souci commence lorsque je prends conscience que si je change mes mémoires dans un sens, à l’occasion d’événements vécus, rien ne m’empêche de les changer dans un autre, à l’occasion ou bien d’autres événements (que je crée naturellement de par mon but, et qui ne m’arrivent certainement pas par hasard), OU BIEN DU CHOIX D’UN AUTRE DESTIN NECESSITANT D’AUTRES MEMOIRES.

Là est ma fulgurante liberté.

Mais la liberté, cela fait peur.

Comme fait peur l’idée qu’on n’a pas de passé dans le présent, ou qu’on a TOUS LES PASSES possibles. Dans lesquels on ne puise que ceux qui arrangent la maintenance de l’ego. Qui mieux qu’Ego peut entretenir mon ego ?

Parce que nous voilà confronté radicalement à cette peur de la solitude et de la toute-puissance : je ne suis pas quelque chose, je suis libre ! Il n’y a pas d’univers, il n’y a que les chimères dont j’ai besoin pour manifester telle ou telle attitude !

Comment je fais pour vivre avec cette prise de conscience ? En n’ayant pas peur d’un infini qui ne me menace en rien puisque de toute façon je ne peux pas m’y perdre. Je n’aurai jamais une conscience infinie. Je ne ferai que progresser, encore une fois, vers davantage d’amour ! Pas de quoi s’inquiéter.

Et les autres, tous les autres, en seront eux aussi illuminés. Je ne vais quand même pas les priver de mon vrai Moi !

Même pas peur, grâce à la méditation sur les Principes premiers avec lesquels mon mental a simplement besoin de se familiariser. Le mental est une protection. Si l’infini fait les yeux doux au vigile, il laisse entrer tout le monde dans la boîte.

À Suivre…

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Frank Hatem DSD

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