par Alyna Rouelle

 

C’est le coeur tout en joie et débordant d’amour que j’écris ces lignes au petit matin. Cela fait un moment que je ne vous ai pas écrit, et cela commençait à faire long ! Car si je vois certains d’entre vous lors de conférences, par les mots écrits je suis avec vous tous et c’est magique !
Je souhaite vous parler aujourd’hui de la méditation.
Beaucoup d’entre vous m’écrivent en avoir besoin, beaucoup m’avouent avec désespoir ne pas réussir à méditer, d’autres encore ne voient pas l’intérêt de perdre son temps à ne rien faire. Que d’avis n’est-ce pas ! Et que de questions soulevées par cette pratique aussi minuscule qu’immense.
Je remarque que bon nombre d’enseignements spirituels qui se veulent des ouvertures et des libérations des dogmes et carcans… créent de nouveaux dogmes et de de nouveaux carcans… Lorsqu’on me dit : « La méditation ce n’est pas pour moi, mon maître me dit que je n’ai pas l’état d’esprit ni le niveau », ou encore : « C’est trop de discipline, je n’ai pas que ça à faire, il y a trop de contraintes »… je saute au plafond ! Wow ! Stop ! Il n’y a aucun niveau à avoir pour méditer, personne n’est plus capable que son voisin, et surtout, si l’on parle de discipline et de contraintes, alors on ne parle pas de méditation…
Le fait que certaines personnes choisissent de méditer d’une certaine manière, d’une manière qui peut sembler disciplinée et contraignante pour d’autres, est un choix. C’est leur façon de pratiquer, elle leur apporte énormément, les met en joie, les soigne, etc… Et c’est beau ! Mais quand je constate que beaucoup de gens excluent de leurs quotidiens la méditation parce qu’ils ne sentent pas à la hauteur de ces gens-là, je me sens le devoir de prendre la parole.
Voici, personnellement, ma manière de méditer. Je fais ainsi depuis toujours. J’ai essayé, moi aussi à une époque, de suivre plusieurs écoles différentes, de faire à la manière d’untel ou de tel autre untel. Mais je suis constituée de telle manière que si je n’écoute pas la petite voix en moi qui sait exactement comment il faut que je fasse pour être bien, j’échoue lamentablement. J’ai donc très vite conçu ma méditation. Et plus je vis, plus je regarde, plus j’aime, plus je réalise que c’est finalement la seule méditation qui existe véritablement. Au-delà de tous les rituels qui sont enseignés pour fournir un cadre, une structure (qui souvent aide beaucoup), la méditation est d’une simplicité déconcertante… !
C’est le choix de la Vie.
Si vous vous connaissez un peu, si vous avez pris l’habitude d’observer vos pensées ou comportements, vous savez que 99% de vos pensées, et 99% de ce que vous dit votre esprit est… juste du bruit. La plupart de ces pensées concerne le passé, l’avenir, des projections, des craintes, des ressassements. Rien de tout cela n’est vivant. La Vie, ne sait dire qu’une seule chose : « Wouah ! Merci ! Ici et Maintenant c’est Merveilleux !!!! » Parfois elle le dit de manière enthousiaste, parfois en chantant doucement, parfois en murmurant, dans un calme parfait. Mais la Vie n’est QUE cela. Toute autre pensée est soit un outil, soit un bruit. Et il est bon de savoir faire ce tri, de savoir poser les outils quelques instants et de faire taire les bruits. Tout simplement. Ça ne veut pas dire obtenir un contrôle parfait sur son esprit (soyez rassurés, c’est une chose impossible!), mais de le laisser tellement libre que soudain, le silence apparaît, la voix juste se fait entendre, la Vie reprend le dessus. Méditer ce n’est pas réfléchir, ce n’est pas maîtriser quoi que ce soit… c’est s’abandonner à ce qui est, c’est contempler le silence, aimer entendre les battements de son coeur et les sons alentours, c’est redevenir vivant, vraiment vivant, pendant quelques instants. Ces instants n’ont pas besoin d’être forcément cadrés, ni rythmés. La seule chose importante, est qu’ils existent, qu’ils aient une place de choix dans votre vie. Car peu à peu, ils empliront toute votre existence. La vie entière devient alors Méditation.
Placez-vous dans cet espace de silence entre vos respirations, dans ce temps de paix derrière vos pensées. Arrêtez tout, et sentez combien vous êtes le souffle de vie, ce flot sans commencement ni fin, absolument parfait… Fermez les yeux, restez où vous êtes, abandonnez-vous à ce qui est, pour un moment. En parvenant à cela, vous faites l’expérience de la méditation véritable. Observez simplement comme tout est calme, comme tout est beau, comme tout est joyeux, comme tout vibre et palpite de vie. Sentez alors la puissance, la grandeur, la douceur, la paix qui s’installent en vous. C’est cela, être vivant. C’est cela, aimer. C’est cela, méditer vraiment.
Vous pouvez le faire en adoptant une posture particulière, vous pouvez le faire en marchant, en faisant votre vaisselle, en cuisinant, en partageant un moment avec quelqu’un… car il ne s’agit pas de se couper du monde, mais au contraire de faire le choix d’y plonger toujours davantage, mais, juste avant, de soulever les voiles d’illusions et d’interférences qui font que l’on ne sent pas toujours en état méditatif. Car en réalité, la méditation est permanente : c’est la célébration de la vie ! Nous sommes vivants, la nature même de ce que nous sommes EST pure célébration de la vie ! Nous l’avons juste un peu oublié… avec tout ce bruit, tous ces mouvements, tous ces voiles… Mais peu à peu nous pouvons retrouver une vision claire, entendre de nouveau les voix justes, emprunter les chemins bénis, et retrouver l’état méditatif constant de nos origines.
Il est primordial aujourd’hui de se recentrer sur la liberté. Qui a le droit de vous dire que vous n’êtes pas capable de méditer ?! Qui peut vous faire croire que si vous ne faites pas exactement ce que l’on vous enseigne vous vous trompez, vous vous égarez, vous vous fourvoyez ?! En dehors de certains principes de base que l’évidence sait rappeler à chacun, c’est à vous de décider de ce qui est bon pour vous, à vous de sentir ce qui vous fait avancer, guérir, vous élever, vous ancrer, être de plus en plus heureux. Il est temps de retrouver cette légitimité à nous enseigner nous-mêmes ! Cela n’a rien à voir avec le fait de ne plus entendre les conseils ou les sagesses des autres, mais simplement d’être conscient que la sagesse réside aussi en nous.
C’est beau de suivre un maître, de s’abandonner à un enseignement qui nous fait admirer la vie, et la vivre intensément. C’est magnifique. Mais que c’est beau aussi de prendre conscience que le maître c’est nous ! Cela n’empêche pas l’admiration, ni le respect, ni l’amour sans bornes, ni l’écoute ou la dévotion… bien au contraire. Tout demeure, mais tout devient libre.
Laissez-moi vous raconter un peu mes expériences récentes. Vous savez que j’avais décidé de manger un peu de nouveau car je souhaitais justement expérimenter cette liberté totale : pouvoir manger ou ne pas manger. Pour tout vous avouer, cette période s’est avérée beaucoup plus difficile que prévu ! Je me suis retrouvée littéralement en burn-out, malade, épuisée, et en proie à des pensées et sentiments du genre : « Non mais qu’est-ce qui t’a pris aussi de vouloir remanger ! Il faut toujours que tu te mettes dans des situations pas possibles ! C’est malin ! Maintenant, tout est à recommencer sauf qu’en plus, tu es malade, épuisée, à bout de nerfs et que tu ne parviens plus à gérer quoi que ce soit… » Je me suis posé des milliards de questions sur le prana, la nutrition, j’ai remis beaucoup de choses en questionnement, en doute, en cause. Et alors qu’avec l’expérience de ces deux années prâniques j’avais acquis la méditation perpétuelle, j’ai eu le sentiment de l’avoir perdue. Je n’arrivais plus à trouver le calme ni la paix, je me sentais comme dans un tourbillon infernal et à la fois dans une immobilité totale, figée, perdue.
J’ai donc recommencé à méditer comme je le faisais auparavant. Et l’apaisement se fait sentir de nouveau, le contact avec la vie aussi, l’ancrage et le calme. J’ai cessé de tout remettre en question, car j’ai compris le pourquoi de ces expériences. J’avais choisi de manger de nouveau pour être encore plus libre. J’ai fait ce choix aussi pour ne pas être mise dans une case, porter une étiquette. Je me suis aussi heurtée à de nombreuses personnes qui se sont fait une joie de m’écrire que si j’avais fait ce choix c’était pour ne pas être prise la main dans le sac, car j’étais forcément une menteuse, etc… Et je me suis alors demandé le pourquoi de tout cela. Ces choses qui ne m’atteignaient plus du tout avaient de nouveau un impact sur moi !
En dehors d’une lourdeur particulière due à la consommation d’aliments physiques, en dehors d’une part immense d’énergies collectives à transformer au quotidien, en dehors des évènements dans ma vie personnelle, il y avait quelque chose d’autre…
Et c’est alors que m’est apparu très clairement cette image des tiroirs, des étiquettes que l’on sait si bien mettre sur les fronts des gens et qui ont forgé ce monde dont on souhaite désormais qu’il se transforme. Il y a ceux qui mangent bio et ceux qui ne mangent pas bio, il y a les prâniques et les pas-prâniques, les éveillés et les non-éveillés, les gentils et les méchants, les jeunes et les vieux… On m’a même appris dernièrement qu’il y avait différents niveaux de prânisme et différentes sortes de prâniques ! Je serais curieuse de savoir dans quelle catégorie on me place, juste pour rire.
Alors que beaucoup d’entre nous oeuvrent au quotidien pour faire comprendre à chacun la simplicité, l’évidence, la facilité des choses quand on se donne le droit d’être pleinement soi et d’incarner ce que l’on souhaite atteindre, force est de constater que même dans ces milieux qui se disent plus libres que tous les autres, on met les gens dans des petites boîtes. Pour se rassurer. Mais ce n’est pas faire le choix de la vie que de vouloir se rassurer ! La vie n’est pas rassurante du tout ! C’est un plongeon sans fin dans une énergie toujours en mouvement, toujours nouvelle ; c’est aussi la paix la plus profonde et la joie sereine la plus vraie. La vie ne demande pas de preuves, ni de statuts, ni de papiers d’identité, elle vous enveloppe d’office sans se poser de question, sans juger et sans hésiter.
Bien sûr, au sein de cette Vie que nous faisons tous vibrer à l’unisson, nous avons des rôles différents, des voies différentes, et c’est ce qui est le plus beau ! Car c’est ce qui permet au mouvement d’être sans fin, et à l’instant d’être parfait. Nous n’avons pas à être éveillés tous de la même manière, nous n’avons pas à être prâniques de la même manière, nous n’avons pas à rentrer dans un moule commun de « gens du nouveau monde », nous n’avons pas à être tous dans la même énergie, et nous n’avons pas à méditer tous de la même façon. L’Énergie Libre, c’est un ensemble de milliards de milliards de milliards d’étincelles, toutes semblables et toutes différentes. C’est cela la perfection. Nous avons juste à aimer cela. Cela veut dire aimer la vie, aimer qui l’on est avec tout ce que ça comporte, aimer l’autre avec tout ce que ça comporte, aimer ce monde… Aimer de telle manière qu’à chacune de nos respirations et à chacun de nos battements de coeur, nous posons une action en faveur de la vie, nous alimentons cette Énergie.
Si nous voulons vraiment reprendre les rênes de nos vies et du monde en général, si nous voulons vraiment vivre cette Liberté, il est important de s’octroyer cette liberté. Cela se fait instant après instant. En toute simplicité. Cela veut dire, même au plus profond de la souffrance, même au plus noir du doute, au plus haut ou au plus bas, au plus extrême et au-delà des limites… : faire de son mieux.
Tout est si parfaitement orchestré, parfaitement juste et sain, qu’il n’est pas même possible d’envisager autre chose… Lorsque l’on réalise combien la Vie est bienveillante, généreuse, protectrice, on ne peut que tout lâcher et s’abandonner à Sa Volonté. En toute confiance et gratitude.
Faisons juste de notre mieux pour que oeuvrer à la Perfection de cet Orchestre Magique !
Avec tout mon Amour
Alyna

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