par Alyna Rouelle

« Argent »… Quelles sont vos pensées et vos ressentis lorsque vous prononcez ce mot à l’intérieur de vous ou lorsque vous l’entendez ? Comment vous sentez-vous lorsque vous pensez à l’argent ? Est-ce que cela vous procure une sensation de saleté, de superficialité, de vanité, de profit, d’indécence, de guerre, de haine, d’abus de pouvoir ? Est-ce que cela vous apparaît comme étant futile, inutile ?

Êtes-vous capable d’y penser en paix et en joie ou est-ce que cela vous donne la nausée et vous impose un inconfort désagréable voire de la gène ou de la culpabilité ?

Sommes-nous d’accord et nous autorisons-nous à gagner de l’argent quand nous sommes en quête de paix pour nous-mêmes et pour le monde, quand nous enseignons la liberté et la joie et quand « Simplicité » est un de nos mantras préférés ?

Est-ce que l’argent est acceptable dans une vie spirituelle ? Comment pouvons-nous manifester l’argent dans notre vie à partir du coeur et à partir de pensées et désirs nobles et sacrés ? Peut-on faire du business avec le coeur ? L’argent peut-il être sacré, spirituel, juste ?

Quel débat n’est-ce pas ? Quel tabou ! En général, lors de mes conférences, il y a trois sujets absolument tabous qui finissent toujours par montrer le bout de leur nez : l’injustice dans le monde, l’argent et le sexe. (Non, en fait il y en a quatre, parce qu’il y a le chocolat aussi : je plaisante).

L’argent, comme tout ce qui existe, est une énergie. Une vibration. Comme toutes les énergies et toutes les vibrations, celle-ci est neutre, non polarisée. Ce sont nos choix qui polarisent tout ce qui nous entoure. Nos choix, notre vision, notre manière de dire « oui » ou de dire « non » aux expériences, notre capacité à transformer et intégrer chaque chose qui se présente à nous.

Prenez l’exemple de l’électricité : avec cette énergie, on peut sauver une vie en préparant un repas chaud en hiver ; on peut aussi effectuer une mise à mort. L’eau est l’énergie de vie par excellence n’est-ce pas ? Recevant et transmettant en permanence toutes les informations vivantes, elle nous hydrate, nous rafraîchit, nous purifie, nous maintient en vie et en pleine santé, nous offre énormément de possibilités de plaisir, et pourtant… combien d’actes de torture sont pratiqués avec de l’eau !

Il en est de même pour l’argent… Des individus, partout sur cette planète utilisent leur argent pour transmettre des choses magnifiques, offrir des possibilités, des droits, des vies plus belles, plus saines, plus libres ; d’autres l’utilisent pour faire exactement l’inverse. Ce sont des choix.

Le plus drôle dans tout cela est que ce que nous avons majoritairement ancré en nous sur un plan collectif est cette dernière facette de l’argent : les gens qui vivent dans l’abondance sont des êtres sans morale, sans éthique, sans profondeur, sans coeur, etc… Et lorsqu’une personne engagée sur un chemin spirituel commence à gagner un peu d’argent, on la stigmatise aussitôt comme étant passée « du côté obscur de la force ». Pourtant l’argent tient à si peu de choses… Sa présence ou son absence dans nos vies ne dépend que du choix que nous faisons lorsque nous rencontrons cette énergie. Il dépend du choix de la confiance.

Rétablissons un fait élémentaire : vivre dans la pauvreté, le manque, ou l’insuffisance n’a rien de spirituel ! Si beaucoup ont fait ce choix au fil des siècles et encore aujourd’hui, il s’agit de choix, non d’une norme établissant une règle du genre : « Si tu veux vivre près de Dieu et être aimé de lui, tu n’auras pas un sou. »

N’avoir besoin de rien ne veut pas dire que l’on doit manquer de tout. Cela reviendrait à dire par exemple que l’on est davantage spirituel en étant malade que bien portant, ou que l’on est plus noble et pur au coeur d’une vie de souffrances qu’au coeur d’une vie de félicité. Évidemment non…

On m’écrit souvent que si j’étais véritablement spirituelle, ou véritablement ce que je « prétends être », je ne demanderais pas d’argent lorsque je me déplace ou lorsque je fais un soin. Ce que je remarque, c’est vrai, c’est que notre rapport à l’argent en dit long sur qui nous sommes ! Et c’est d’ailleurs souvent lorsque j’aborde cette question que je sais précisément à qui j’ai à faire. C’est très étonnant tout ce qui se produit dès que l’on parle d’argent ; très révélateur aussi.

L’argent ne conditionne pas la pureté de l’être ni la beauté de l’ouverture du coeur. Il ne définit pas l’âme de qui que ce soit. La noblesse, la pureté d’intention et l’amour sont aussi probables de la part de quelqu’un qui vit dans la prospérité que de la part d’un miséreux. Pendant longtemps, j’ai moi-même cru que les gens qui avaient peu d’argent étaient plus nobles et plus spirituels que ceux qui ne manquaient de rien. La vie m’a montré, en me faisant passer par des expériences parfois cocasses, parfois douloureuses, qu’évidemment ce n’était pas vrai.

Nous sommes l’abondance et la prospérité ! La richesse, c’est nous !

Alors comment sortir de ces cercles vicieux de manque d’argent, désir d’argent, manque d’argent, désir d’argent, manque d’argent, désir d’argent (à l’infini) ; haine de l’argent, jalousie envers ceux qui en ont, frustration, tristesse, découragement, difficultés dans le travail, coût de plus en plus élevé du prix des choses du quotidien ? Comment rester dans l’amour, la pureté et la divinité tout en manifestant l’abondance d’argent ? Comment gagner de l’argent sans se sentir indigne, injuste, ou amoral ?

Peut-on faire du business avec le coeur ?

Et s’il y a un sentiment qui favorise vraiment l’argent et qui aide à faire la paix avec lui, c’est la confiance. La confiance dans le fait que la vie nous mène là où nous avons besoin d’être au moment où nous avons besoin d’y être, qu’elle nous donne à vivre ce que nous avons besoin de vivre et nous procure ce dont nous avons besoin.

Au cours de ma vie, j’ai été confrontée à des tas de situations difficiles avec l’argent. J’en ai souvent manqué et j’ai souvent été en colère contre l’existence car je trouvais cela injuste.

Mes parents ont toujours vécu avec peu d’argent et les fins de mois avec ma mère étaient souvent très difficiles malgré le fait qu’elle travaillait beaucoup. Tout ce qu’elle gagnait partait dans les charges mensuelles, les courses pour nous nourrir ma soeur et moi, et souvent nous mangions des pâtes et des pommes de terre les dix derniers jours du mois. Cependant, je n’ai jamais manqué de rien. L’essentiel a toujours été là, disponible. La preuve : je suis là, je vais très bien et je suis telle que je suis aujourd’hui !

J’ai donc compris très tôt la valeur de l’argent. Combien il était précieux et combien en manquer pouvait « coûter cher » et mettre en danger. J’ai fait très tôt aussi la remarque à l’univers que si tout était disponible à l’infini pour chacun, alors pourquoi l’argent ne l’était-il pas pour tout le monde ? Pourquoi est-ce qu’il fallait travailler dur, très dur et s’épuiser à la tâche pour gagner de quoi survivre et payer des individus et institutions qui ne veulent que notre ruine et notre perte ?

Au fil de plusieurs expériences délicates, comme celle de ne pas savoir comment j’allais payer mon loyer ou mes factures, celle de me retrouver après un mois de travail dans un établissement dont le gérant refusait de me rémunérer, celle de devoir faire un choix entre payer le loyer et manger correctement, ou celle encore de devoir acheter une tenue de travail au lieu d’un manteau pour l’hiver… au fil de toutes ces expériences, j’ai découvert le pouvoir incommensurable de la confiance en la vie. Et je puis vous certifier, que si l’argent ne nous définit pas, notre capacité à avoir confiance définit nos capacités à accueillir l’argent !

Un jour, une facture à laquelle je ne m’attendais pas du tout a fait irruption dans ma boîte aux lettres. Un genre de taxe pour le service des poubelles de la ville dans laquelle je venais d’arriver. Je travaillais comme serveuse à l’époque, et gagnais juste de quoi vivre et payer ce que je devais à mon propriétaire et à l’état. Une fois tout cela déduit de mon salaire, il restait très peu et je ne voyais pas du tout comment régler cette nouvelle charge sans être prise à la gorge… J’ai senti la panique monter, la colère aussi, un sentiment d’injustice et de révolte terrible. Et puis après avoir beaucoup pleuré et ruminé des insanités dans ma tête contre « cette société de m……. », j’ai respiré profondément et j’ai pris une décision. Je n’allais pas laisser un morceau de papier me ruiner la vie, je n’allais pas laisser une somme de cent euros me faire perdre ma stabilité, ma confiance, ma joie. Je me suis placée dans une confiance totale envers la vie. J’avais besoin de ces cent euros et ils me seraient accordés d’une manière ou d’une autre. Deux jours plus tard j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres une lettre des impôts (j’avoue que j’ai déglutis péniblement en me disant quelque chose du genre : « Oh la la non pas ça, c’est pas vrai… qu’est-ce qu’ils me veulent ces monstres là… Oh la la comment je vais faire, mon Dieu mais qu’est-ce que je vais faire…!! ») En réalisant l’énormité de ce que j’étais en train de faire, je me suis aussitôt ressaisie, j’ai respiré et ré-installé en moi la confiance avant d’ouvrir l’enveloppe. J’ai ouvert des yeux ronds. Il m’était expliqué que j’avais été privée par erreur d’une somme de cent vingt euros lors de mon dernier changement d’emploi. Ils s’excusaient et me restituaient cet argent sous forme de chèque.

Une autre fois, alors que j’étais entre ces deux emplois justement, j’étais blessée physiquement et épuisée moralement par des expériences difficiles qui s’étaient succédées. À cette époque j’aurais été prête à accepter (presque) n’importe quel travail pour pouvoir avoir de quoi mener la vie saine à laquelle je tenais : manger bio, ne pas me sentir en survie ou en précarité, être détendue et sereine au quotidien,  pouvoir faire grandir en moi de vrais projets, etc. Je me voyais déjà ne manger que des pâtes le temps de trouver un autre emploi, ce qui pouvait prendre du temps… Là encore la colère est arrivée, les larmes aussi, et les pensées terribles que j’étais encore capable de nourrir à cette époque à l’encontre de la société (pauvre société, qu’est-ce que j’ai pu lui mettre dans la figure !!!). Et puis j’ai respiré, j’ai redressé mon dos, j’ai calmé mon coeur et fait taire ces pensées. Si la vie avait décidé que je devais passer par là, alors j’étais ok. Je savais désormais qu’elle n’était que bienveillance et enveloppement d’amour, donc je n’avais aucune raison de me rebeller contre cette Volonté qui me dépassait. J’ai donc installé une confiance totale à l’intérieur de moi, et un grand « oui » à l’expérience qui se présentait. Si j’avais quelque chose à comprendre et que la leçon passait par le fait de manger des pâtes, alors je mangerais des pâtes et j’apprendrais ma leçon avec gratitude ! À peu près au même moment, ma mère est allée travailler avec une amie pour l’aider dans sa boutique de fruits et légumes bio et locaux et repartait régulièrement du travail avec des quantités de fruits et légumes merveilleux dont elle me faisait profiter car elle aurait eu bien trop pour elle et ma soeur…

Peu après j’ai déménagé et suis allée habiter au bord de la mer, où je suis encore actuellement. Je me suis donc lancée dans des recherches d’appartements qui se sont avérées fort difficiles : je ne tombais que sur des appartements insalubres, sans lumière, très mal placés… je ne trouvais vraiment rien. Le temps passait et la peur de me retrouver à la rue a commencé à se faire sentir. Je l’ai tout de suite renvoyée d’où elle venait : j’avais confiance et savais que tout irait bien. J’ai trouvé l’appartement six jours avant de devoir quitter mon ancien domicile. Un appartement clair, aux dimensions que je souhaitais, situé le plus parfaitement et idéalement du monde, et dans mes prix. Je suis à deux pas d’une boutique bio, à deux pas de la mer, à deux pas de tout…

Et puis le prana est arrivé et a bouleversé beaucoup de choses dans ma vie… J’étais serveuse dans le restaurant dont je vous ai parlé plus haut lorsque j’ai commencé à transformer mon rapport à la nourriture, à la vie, à mon corps… Et bien sûr, j’ai très vite eu envie de partir de là ! Servir chaque jour midi et soir des huîtres, des crevettes, des entrecôtes, des filets de poisson et autres plats et verres d’alcool devenait de plus en plus difficile pour moi, sans parler de la fumée de cigarette en sur-abondance. À ce moment, je me suis blessée : j’ai déclaré une sciatique géante et je me suis cassé le petit doigt, ce qui rendait le fait de porter le plateau de service et les lourdes assiettes extrêmement douloureux. Je rentrait chez moi fourbue et épuisée. Je ne mangeais alors qu’une fois par jour, le soir en rentrant du travail vers minuit, des crudités ou des fruits. Ce fut le début de ma période « un seul repas par jour » !

Je ne voyais pas comment quitter ce travail qui me permettait de vivre financièrement et qui, étant situé à deux pas de chez moi était somme toute assez luxueux. J’ai alors commencé à écrire. C’était un moyen d’écouter l’élan intérieur que je ressentais et de commencer à le manifester. À partir de là, j’ai rencontré des gens qui venaient au restaurant et me parlaient spontanément de leurs allergies et intolérances, de leurs choix alimentaires, de questions éthiques, c’était assez bluffant. Je leur enseignais ce que je savais ainsi que le fruit de mes expériences personnelles, et ces gens repartaient tous avec un large sourire et un apaisement palpable. Ils revenaient et l’on échangeait beaucoup. Même le patron du restaurant, le cuisinier et ma collègue ont commencé à s’intéresser aux jus, au cru, aux graines diverses et variées que je leur faisais découvrir. J’ai découvert il y a peu de temps que mon ancien patron boit désormais régulièrement un grand jus de légumes frais !

Je continuais à écrire. J’avais de plus en plus mal au dos, j’avais de la peine à marcher et lorsque je rentrais le soir, ma main mettait parfois une petite heure à pouvoir bouger de nouveau, mes doigts et mon poignet étant figés par la douleur de la fracture. Je voyais de moins en moins comment j’allais pouvoir poursuivre ainsi, mais je ne voyais pas non plus comment faire autrement ! La nécessité d’une confiance totale s’est alors imposée à moi de nouveau. Plus fortement que toutes les dernières fois, car m’étant engagée sur ce cheminement de nutrition par la lumière, je me remettais à chaque instant entre les mains de la Vie pour être nourrie ! J’étais en train de transcender la croyance que sans manger j’allais tomber malade puis mourir (ce qui, vous serez sans doute d’accord est tout de même assez énorme) ; j’étais en train de dépasser la peur de la mort ainsi que toutes les croyances concernant mon corps physique ; je ne pouvais donc tout simplement pas avoir peur de manquer d’argent !

C’est à ce moment que j’ai créé et lancé mon site internet. Je n’avais pas vraiment de but précis, sinon l’envie de partager avec le monde cette expérience qui me faisait tellement vibrer. Je crois que ma principale joie venait de l’idée de pouvoir transmettre espoir, confiance et sentiment de liberté à quelques personnes, et leur donner envie de reprendre leur vie et leur santé en mains. Je n’avais bien sûr pas la moindre idée de ce que tout cela allait donner et je n’imaginais pas le moins du monde que les choses allaient prendre l’ampleur qu’elles ont aujourd’hui. C’était un élan du coeur.

Je me souviens avoir publié la toute première version du site un matin avant d’aller travailler. Lorsque je suis rentrée le soir j’avais déjà plusieurs messages de gens m’exprimant leur gratitude pour ce témoignage qui les avait tellement touchés et renvoyés à leur vie, leur désir profond et leurs expériences. Ils me demandaient s’il y aurait bientôt une conférence de programmée et s’ils pouvaient recevoir des soins. Wow.

Même lorsque je sentais qu’une toute autre vie s’offrait à moi, j’avais du mal à quitter mon travail, qui représentait une sécurité financière non négligeable. Une fois de plus je m’en suis remise à la vie en toute confiance. Je savais que dans tous les cas, tout irait bien pour moi. Il ne pouvait en être autrement. Quelques jours plus tard, la douleur dans mon dos et dans mon doigt étaient telles que je parvenais à peine à retenir mes larmes, à tenir debout ou à saisir quelque chose. Une dispute a éclaté avec ma collègue, furieuse d’avoir plus de travail du fait de devoir m’assister. La dispute a dégénéré, j’ai enlevé mon tablier et je suis partie en disant que je démissionnais. La vie m’avait fourni ce dont j’avais besoin pour avoir le courage de partir.

Le lendemain j’avais quelques emails de plus, et sur les sept premiers jours de visibilité du site, j’ai reçu une cinquantaine de messages. Des échanges magnifiques avec des personnes merveilleuses. Et puis j’ai eu ma première proposition d’interview en ligne, une demande de faire partie d’un comité de chroniqueurs sur un site très fréquenté, puis ma première conférence, et les choses se sont enchaînées…

La quantité de messages que je recevais chaque jour me fournissais du travail à plein temps et tout se mettait en place tout seul. J’étais émerveillée. J’ai réalisé alors qu’en oeuvrant ainsi, je gagnais exactement la même chose que lorsque j’étais serveuse. Sauf que je travaillais chez moi, avec ma petite chatte sur mes genoux et que je parcourais la France pour enseigner les vérités et expériences profondes que j’avais découvertes et rencontrais des gens sublimes que je voyais arriver et repartir avec des sourires bouleversants, beaucoup de confiance et de joie, et une puissance intérieure décuplée.

 Aujourd’hui encore, à chaque fin de journée de conférence, j’ai le souffle coupé tant ce à quoi j’assiste est beau. Et c’est un tel honneur d’en faire partie et d’y participer !

Récemment, j’ai été de nouveau confrontée à des soucis d’argent. Jusque là, je gagnais ce dont j’avais besoin pour mener une vie sereine et palier à tous mes frais. Lorsque je me suis arrêtée de travailler durant plusieurs semaines pour achever l’écriture de mon livre, ayant vraiment besoin de m’y consacrer pleinement, je me suis de nouveau retrouvée à me poser cette si délicieuse et merveilleuse question : « Ooouuups, comment je vais payer mon loyer… ? » Ok. Merci. Confiance. Par un « hasard » des plus magiques, un ami très cher m’a alors envoyé un peu d’argent, ayant eu l’intuition que j’en avais besoin…

D’autres expériences diverses m’ont ramenée au devoir de confiance et de positionnement dans ce domaine. Des gens refusaient de me régler leur séance de soin, ou encore des organisateurs de conférences, une fois après avoir encaissé l’argent, ne me payaient pas ou extrêmement peu. Ces situations sont allées loin, jusqu’à me faire réaliser que je rentrais parfois chez moi non seulement en n’ayant rien gagné, mais en n’ayant même pas de quoi rembourser mon voyage en train parfois très onéreux.

Si le niveau de richesse d’un individu ne définit pas son niveau de spiritualité, l’inverse est aussi vrai : le « niveau » spirituel d’une personne ne garantit pas son honnêteté vis-à-vis des questions d’argent. Je l’ai découvert en en faisant les frais.

En dehors de l’incompréhension que je pouvais parfois ressentir, la colère de mon entourage face à ces injustices montait et montait ! Dans les premiers temps, je ne réagissais pas face à l’injustice. J’avais tellement conscience que tout arrivait pour mon bien que j’étais ok avec tout. Mais parfois, cela n’avait aucune cohérence et me desservait grandement.

L’acceptation de la situation telle qu’elle est n’empêche pas de poser l’acte juste. Et parfois l’acte juste, c’est dire « non ». J’ai alors lâché toute crainte de ne pas pouvoir payer mon loyer ou mon billet de train pour la conférence suivante, ainsi que toute réflexion censée me mener à la compréhension de ce qui se passait. Je me suis placée dans la gratitude et dans l’acceptation totale de ce qui était là. Puis j’ai posé les actes justes. Dans certaines de ces situations, l’acte juste était de réclamer l’argent qui m’était du et qui me revenait de droit.

Peut-on poser ce genre d’acte quand on mène une vie de confiance et de lâcher-prise ? Oui. Avons-nous l’autorisation de poser un acte pour rétablir une justice financière en faveur de nous-mêmes lorsque nous menons notre vie dans la conscience d’être l’énergie divine dans toute sa simplicité et dans toute sa splendeur ? Oui.

Si, comme je l’écrivais tout à l’heure, vivre dans le manque n’a rien de spirituel, se faire arnaquer n’a rien de spirituel non plus !

Dieu ne se fait pas arnaquer. Dieu ne se laisse pas marcher sur les pieds. La seule différence entre une réaction humaine et une action divine est la suivante : si l’on se place du côté humain qui croit être séparé de Dieu, on réagit ainsi : « Hé oh !! Tu me fais mal espèce de……..… !!!! » (je vous laisse imaginer ce qui peut remplir les pointillés et l’émotion charmante qui va avec). L’humain ayant conscience d’être uni à Dieu pose simplement l’action de rétablir un axe droit et dit avec calme et stabilité : « Regarde. Tu as vu ? Tu es en train de marcher sur mon pied. » Ensuite apparait la phase la plus délicate (croyez-en mon expérience…). Cette phase consiste à être d’accord avec la conséquence, la suite des évènements, quelle qu’elle soit. Pour moi, dans la dernière situation difficile financièrement, cela signifiait être totalement en paix avec le fait que je récupère l’argent ou non. Poser l’acte juste, et être en paix quoi qu’il arrive, avoir une confiance absolue. Et y parvenir procure beaucoup de force. Parvenir à cette paix, même si l’on ne sait pas du tout comment les choses vont se terminer… En général, si la paix est réelle et véritablement ancrée, tout se termine à merveille, quel que soit le moyen employé par l’Existence. C’est un acte de courage et c’est un acte d’humilité : je fais ma part, et j’ai confiance en tout le reste.

Je n’ai pas besoin de manger pour être nourrie, et je ne me laisse plus anéantir par quoi que ce soit. C’est un choix. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas douloureux à traverser sur le moment, l’Unité ne coupe pas des sensations de l’existence tout comme la nutrition pranique n’empêche pas de se régaler.

 Lorsqu’un doute survient en vous, lorsqu’une peur, une panique, une sueur froide vous fige dans l’angoisse, lorsque la société commence de nouveau à vous dégoûter, lorsque le sentiment d’injustice vous donne la nausée… respirez, sentez votre corps, sentez votre coeur, remerciez pour tout, même sans rien comprendre, même sans être d’accord, sentez l’apaisement vous envahir, la vie vous envelopper et vous murmurer telle une mère qui vous aime au-delà de tout : tu auras toujours tout ce dont tu as besoin si tu m’accordes toute ta confiance.

Accordez cette confiance, accordez toute votre confiance à la vie, sans hésiter, puis laissez votre coeur guider vos actions.

Comment faire du business avec le coeur ? En laissant la pureté de notre intention construire les conditions nécessaires à une vie en parfaite harmonie avec nos rêves essentiels. La pureté de l’intention, c’est laisser le coeur dire ce dont il a envie, et laisser votre être profond, votre essence guider vos pas plutôt que d’écouter une voix qui dit : « J’ai besoin de… j’ai peur de… et si je tombais… et si ça ne marchait pas… et si ce n’était pas assez… »

Agissez comme si l’échec était impossible, comme s’il n’était même pas envisageable ! Sentez d’ores et déjà l’émerveillement que l’on ressent lorsque tout fonctionne tout seul, lorsque tout est là, lorsque tout va bien.

Car tout fonctionne tout seul. Car tout est déjà là. Car tout va bien.

Notre seul devoir et notre seul pouvoir, c’est de dire : « Oui. Merci. J’ai confiance. »

Lorsque vous vous placez dans votre coeur et que vous choisissez la confiance, vous avez le pouvoir de transformer chacune de vos peurs.

Beaucoup d’entre vous m’écrivent en ce moment pour me demander ce sur quoi il est prioritaire de méditer. Si je devais citer une priorité, ce serait celle-ci : méditez pour transformer la peur en confiance, pour transformer la peur en amour. Le faire et le réussir à un niveau individuel, c’est rendre possible cette transformation au niveau collectif.

La vie prend soin de vous, vous porte, vous guide, vous soutien. Et si l’énergie de vie est capable de vous nourrir et de vous guérir, alors elle est capable de vous apporter l’argent dont vous avez besoin, et la situation qui correspond à vos rêves essentiels et au bien-être de votre coeur.

La véritable spiritualité se trouve dans notre capacité à manifester le divin sur terre. Le divin n’a pas une forme précise, il épouse toutes les formes. Il se trouve au coeur de ceux qui choisissent la pauvreté et au coeur de ceux qui choisissent la richesse. Il nous faut dépolariser l’argent afin justement qu’il ne soit plus uniquement aux mains de ceux qui s’en servent comme d’une arme, afin d’équilibrer les valeurs et de faire qu’il soit aussi aux mains de ceux qui s’en servent pour ouvrir les coeurs, guérir les corps et libérer les âmes.

Il nous faut avant tout avoir confiance dans le fait que tout va bien et que tout ira toujours bien… dans la mesure où nous avons confiance, et agissons en conséquence. Cet axe est primordial.

À une époque, lorsque ma vie de danseuse s’est effondrée, j’ai commencé à travailler cinquante deux heures par semaine dans une fromagerie à Paris (Eh oui ! Une fromagerie ! Pas mal n’est-ce pas pour la jeune femme vegan, crudivore puis prânique que je suis devenue !!) Cinquante deux heures par semaine pour parvenir à peine à joindre les deux bouts. Aujourd’hui j’ai créé mon emploi et je vis de l’enseignement et du témoignage que je transmets avec amour. Je suis à ma place. Tout est juste. Tout cela est sorti de nulle part, a été créé à partir de rien ; tout cela est né de la confiance que j’ai su mettre en place et que j’ai autorisée à manifester ses bienfaits. Et j’ai des tas d’idées pour la suite des évènements !

Aujourd’hui, lorsque je regarde en arrière, je suis émerveillée de constater combien tout cela valait la peine. Tout cela valait tellement la peine ! Quand chaque matin je déroule mon tapis de yoga je remercie chacune de ces expériences (ainsi que beaucoup d’autres !) ; lorsque chaque matin je marche en silence le long de la mer avant de me mettre au travail, je remercie la Vie d’être cette chef d’orchestre si minutieuse, bienveillante, aimante et attentionnée… je suis émerveillée. Elle m’a toujours permis d’être là où je devais me trouver pour que tout aille au mieux. Au mieux pour moi, mais aussi pour tous, pour chacun, pour la globalité. Même lorsque je ne comprenais rien, j’étais à ma place. Même quand j’avais le sentiment de nager en plein chaos, tout allait bien. Même quand j’ai pu agir l’impression d’être abandonnée, j’étais bercée, portée, je n’étais jamais seule. Cette confiance est sans doute encore aujourd’hui l’initiation la plus profonde que j’ai pu vivre et que je continue de vivre chaque jour. Je sais que quoi qu’il arrive, je serai toujours à ma place, je serais toujours là où je dois être et j’aurais toujours tout ce dont j’ai besoin.

 J’écris les dernières lignes de cet article en buvant un jus vert et en câlinant ma petite chatte installée juste à côté de l’ordinateur.

Dans quelques instants j’ouvrirai ma boîte email et je trouverai plusieurs centaines de messages dont la plupart seront intitulés « Urgent »… Je ne pourrai pas répondre à tout le monde, et je suis ok avec ça désormais. Je ne peux faire que de mon mieux.

Tout. Va. Bien.

Si vous saviez combien je vous aime et combien je suis honorée de cheminer chaque jour à vos côtés…

Pour clore cet article, je souhaite partager avec vous une petite histoire que j’ai lue il y a quelques temps et qui justement, parle d’argent et de confiance… Je vous laisse la savourer et vous laisser pénétrer de la justesse de cet échange. C’est un cadeau qui aide à faire la paix avec l’argent…

Alyna

Un matin, en plein New-York, une jeune femme richement vêtue marche dans la rue. Elle ralentit son pas car elle aperçoit un mendiant, recroquevillé sur le trottoir, le regard dans le vague. Elle s’arrête net et s’approche de lui. L’homme, craignant quelque chose, se cache le visage et la repousse mais elle lui dégage le visage et saisit son bras. 

Un policier se trouve non loin de là et s’approche pour demander à la jeune femme si tout va bien et si ce clochard ne l’importune pas. À la grande surprise du policier, elle répond que non, demande à celui-ci de l’aider à relever l’homme et à l’emmener avec elle au restaurant de l’autre côté de la rue. Il s’exécute et installe le mendiant à une table, en face de la femme élégante. Le patron du restaurant s’approche et déclare qu’il ne veut pas de ce type d’individus dans son restaurant. Mais il reconnaît la dame, s’excuse et se tait. Un somptueux repas leur est servi ; l’homme, affamé, mange et n’ose pas regarder sa compagne de table. 

À un moment tout de même, il lève la tête et lui demande pourquoi elle fait tout cela pour lui. Elle lui dit alors : « Tu ne me reconnais pas ? » L’homme, perplexe, fait non de la tête. Elle poursuit alors : « Il y a cinq ans, j’étais au même endroit que toi, sur ce trottoir, j’avais vingt ans et j’étais tétanisée à l’idée de me rendre à un entretien d’embauche. Je n’avais rien mangé tant j’avais l’estomac noué. Un homme en costume très élégant s’est approché de moi, m’a emmenée dans un café et m’a offert un petit-déjeuner. Il m’a longuement parlé et rassurée, il m’a donné confiance en moi. Je suis allée à mon entretien pleine d’énergie, j’ai décroché le job, et désormais je dirige cette entreprise et je possède ce café qui est devenu le restaurant dans lequel nous nous trouvons. »

Elle poursuivit après une inspiration profonde et les larmes aux yeux : « Cet homme, c’était toi, tu t’en souviens maintenant n’est-ce pas ? Alors tu termines tranquillement ton repas, je vais t’emmener prendre un bain et t’acheter des vêtements. Ensuite nous te trouverons un appartement. Puis je te présenterai à mon équipe en tant que mon nouveau collaborateur. Tu sais, ça fait si longtemps que je te cherche ! Et ce matin tu étais là, sur le trottoir au moment même où je passais…  C’est incroyable, je remercie la Vie de m’offrir la possibilité de pouvoir enfin te remercier… ! »

Tout le monde dans le restaurant avait écouté la conversation et tout le monde fondit en larmes en même temps qu’eux…

L’homme, après avoir retrouvé ses esprits avoua avoir parlé au ciel le matin même, découragé de tout et désespéré. Il avait adressé une prière à la Vie, à Dieu, disant simplement qu’il remettait tout entre leurs mains…

Cette histoire est vraie… !

Alyna

Retrouvez les chroniques de Alyna Rouelle sur la Presse Galactique

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